Le journal de bord de l'Hermione
(Journal of the Hermione)
Summary translation by Glenda Cash, Poplar Forest Interpretation Assistant
Premier épisode : Un bon navire commandé par Louis de la Touche.

Le 2 Novembre 1778, Monsieur de Sartine, Ministre de la Marine, après approbation du Roi Louis XVI, signe à Versailles l'autorisation de construire à Rochefort une nouvelle frégate. Nul ne pouvait alors imaginer qu'elle aurait, un jour proche, à accomplir une mission exemplaire et d'une importance capitale pour l'indépendance des futurs Etats-Unis et celui des relations franco-américaines.

L'Hermione aura le même plan que La Concorde, La Charmante, La Junon, et La Courageuse, d'après le dessin de Jean Denis Chevillard : "puisqu'on était très content des qualités des quatre premières".

Le 19 avril 1779, la coque est achevée sur sa cale, au bord de la Charente. Le bâtiment est certifié conforme dans ses dimensions par les capitaines des vaisseaux du Roy, en présence des constructeurs et du Comte de Vaudreuil : "L'ouvrage de cette frégate nous a paru solide et bien conditionné". Elle porte trois mâts et un beaupré. Percée sur chaque flanc de 13 sabords, elle est forte de 26 canons de "12" en batterie et de six de "6" sur ses gaillards.

L'Arsenal de Rochefort a fourni pour sa construction 1160 stères de chêne, 200 stères de résineux, plus de 35 tonnes de fer, environ 15 tonnes de chanvre et 9892 m² de toile à voile.

L'Hermione, son armement achevé, appareille le 21 mai 1779, sous le commandement de Louis de La Touche* lieutenant de vaisseau âgé de 34 ans. Fils d'officier de Marine est le neveu de Charles de La Touche Tréville, chef d'escadre. Il a servi dès l'âge de 13 ans comme garde de la marine sous les ordres de son oncle. C'est sur "Le Dragon" au large de Belle Ile qu'il a reçu son baptême du feu, un an plus tard, en 1759. Sa nouvelle frégate est rapide, très évolutive. La Touche qui vient de quitter le commandement d'une corvette de 20 canons "Le Rossignol", est un très bon manoeuvrier à l'esprit offensif. Son désir le plus vif est d'affronter à nouveau les Anglais contre lesquels la France est en guerre depuis le 17 mars 1778.

Le 28 mai 1779, l'Hermione est au large, à l'Ouest de l'Ile d'Yeu, portant toute sa toile quand la vigie signale un bâtiment à trois mâts faisant force de voile et qui semble vouloir donner la chasse...


Deuxième épisode : Premiers combats - Premières victoires

En cette fin de journée du 28 mai 1779, le doute n'est plus permis. Le bâtiment à trois mâts, aperçu par la vigie, a pris l'Hermione en chasse. La Touche réduit alors sa vitesse, se laissant peu à peu gagner par son poursuivant. Il n'offre à ce dernier qu'une silhouette réduite afin que sa frégate soit jugée moins forte qu'elle n'est en réalité. La nuit tombée, pour ne pas décourager l'anglais, La Touche fait démasquer ses feux de temps à autre et se laisse toujours rattraper. Au petit matin du 29 mai, l'ennemi est identifié, c'est un Corsaire Anglais de 18 canons basé à Falmouth : "La Dissidence".

La Touche qui a gardé l'allure de fuite jusqu'à être à portée de canon, fait virer brutalement l'Hermione de 180 degrés, court rapidement sur "La Dissidence" et lui envoie toute sa bordée. Totalement surpris, le corsaire en ayant encaissé deux autres, amène son pavillon. Le lendemain, le même scénario se renouvelle, L'Hermione attire le chasseur et l'expédie en quelques bordées bien ajustées. C'est au tour de "La résolution des dames de Londres", un autre corsaire de 18 canons, d'être déclaré " de bonne prise". Les deux bâtiments anglais sont amenés à La Rochelle.

En fin d'année, avis est donné à l'Hermione de regagner l'Arsenal de Rochefort pour entrer dans la forme de radoub afin d'y procéder au doublage en cuivre de sa coque. C'est 1100 feuilles de ce métal qui seront posées selon un nouveau procédé, afin d'augmenter la vitesse du bâtiment. Cette opération s'achève début janvier 1780 et le 15 janvier la frégate mouille à l'Avant Garde. Le 17, l'équipage est passé en revue. Il y a plus de 300 personnes à bord. Le lundi 24 janvier 1780, L'Hermione relève ses ancres pour gagner la rade, mais le 26, devant Soubise, les vents étant toujours contraires, 150 hommes sont mis en prairie pour haler à la cordelle, afin de gagner Le Vergeroux.

Enfin, le lundi 31 la frégate mouille en grand rade devant l'Ile d'Aix. Elle est autorisée à croiser dans le Golfe de Gascogne mais doit impérativement revenir à l'embouchure de la Charente, au plus tard le 20 février 1780 :"... attendu qu'elle est destinée à cette époque à une mission particulière...", selon les ordres très précis de Monsieur de Sartine, Ministre de la Marine.


Troisième épisode : "Une mission particulière"

L'Hermione, au début de février 1780, croise dans le Golfe de Gascogne, selon l'ordre de Monsieur de La Carry, commandant la Marine à Rochefort. Ce dernier l'a reçu de Monsieur de Sartine, Secrétaire d'Etat à la Marine, dans une lettre datée du 28 janvier 1780 : "...il est nécessaire que vous donniez ordre à Monsieur de La Touche qui commande cette frégate, de rentrer dans la rade de l'île d'Aix avant le 20 février, attendu qu'elle est destinée à cette époque à une mission particulière. L'objet de cette mission n'est pas dévoilé. La Touche poursuit l'entraînement de son équipage en patrouillant de Bordeaux à Camaret en Bretagne. Il a stocké dans ses cales six mois de vivres et fait toute son eau. L'artillerie principale a été complétée par l'embarquement de dix pierriers d'une livre, quatre d'une demie livre et quatre obusiers. L'équipage est au complet. Il comprend sous les ordres du commandant, cinq officiers, trois gardes de la Marine, un révérend père augustin, un chirurgien major, 44 officiers mariniers, 152 matelots pour la manoeuvre et le canon, 35 soldats et bas officiers et 71 surnuméraires dont huit autres officiers et trois gardes de la Marine. Ce sont 313 personnes qui vivent et combattent à bord d'une frégate de 44 mètres, 47 de long sur 11 mètres 24 de large. L'Hermione court sur toutes les voiles suspectes qui battent le plus souvent pavillon suédois ou hollandais. Elle canonne au large de l'Ile d'Yeu plusieurs corsaires anglais qu'elle met en fuite sans pouvoir les arraisonner. Ces trois semaines de mission s'achèvent par l'escorte de concert avec "La Galathée" d'un convoi marchand de 80 barques sorti de Camaret pour se rendre à Bordeaux. Seul incident à signaler : une vergue brisée. La Touche note dans son journal que l'Hermione marche encore mieux que lors de sa campagne de mai 1779 : "..Le doublage en cuivre a infiniment ajouté aux qualités de la frégate. Sa vitesse est accélérée d'un cinquième et elle porte mieux la voile...On peut la regarder comme une des meilleures frégates que le Roy ait." Le 19 février 1780, conformément aux ordres reçus et dont elle a accusé réception, l'Hermione mouille au Port-des-Barques en attente de "cette mission particulière", mission dont La Touche ignore tout.


Quatrième épisode : Un illustre passager

Alors que l'Hermione est toujours ancrée à Port des Barques dans l'attente de sa "mission particulière", une lettre de Monsieur de Sartine, Secrétaire d'Etat à la Marine, à Monsieur de La Carry, Commandant la Marine à Rochefort, lève une partie du secret. En tête de ce courrier daté du 29 février 1780, une mention impérative : "Pour vous seul". Il annonce que le Marquis de La Fayette sera embarqué à bord de l'Hermione et avec lui quelques officiers et domestiques dont la liste sera transmise. Il précise : "...il est nécessaire qu'il ait à bord un logement fermé et décent. Quoique le départ de Monsieur le Marquis de La Fayette ne soit pas un mystère, vous jugerez cependant qu'eu égard à la nature de sa mission, il convient d'agir avec toute la discrétion possible..."

Une autre lettre adressée conjointement à Monsieur de La Carry et à Monsieur de Casamajor, intendant de la Marine à Rochefort et portant à nouveau la mention : "pour vous seuls", prévoit la liste des passagers à embarquer à bord de l'Hermione et le chargement d'un ballot de 4000 habits d'uniformes destiné aux Etats Unis pour un volume de 20 tonneaux qui doit être déposé à La Rochelle.

Une dernière lettre datée du 6 mars 1780 à Versailles, précise : "...Monsieur de La Fayette doit, Messieurs, vous faire connaître les noms des quatre officiers et huit domestiques qui doivent passer avec lui sur l'Hermione. L'intention du Roy est que, sous aucun prétexte que ce puisse être, il soit embarqué d'autres personnes...je vous recommande d'y tenir sévèrement chacun en ce qui vous concerne. Vous n'admettrez, absolument, pour passer avec Monsieur de La Fayette, en quelque qualité que ce soit, que les personnes portées sur la liste jointe à ma lettre commune du 29 février dernier." Les consignes, on le voit, sont particulièrement draconiennes. Dès le 4 mars 1780, La Touche a accusé réception de ces ordres par une lettre écrite à bord de l'Hermione. Il connaît alors le nom de son illustre passager et sa destination : l'Amérique septentrionale. Il a reçu du cabinet du Roy, deux plis fermés, l'un à ouvrir "sous voile", l'autre dès son arrivée à destination. Quant à la Mission de La Fayette, elle reste un secret absolu...


Cinquième épisode : La Fayette - Mission secrète

Le 25 février 1780, un ordre de mission (1) signé par de Vergennes, Secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, approuvé de la main du Roy, est expédié à La Fayette. Ce dernier est en garnison à Saint Jean d'Angely où il commande un régiment de dragons depuis fin mai 1779. Dès le premier juin, il écrit au Congrès Américain (2) : "... j'espère bientôt quitter ce lieu pour jouer un rôle plus actif et me rapprocher de l'ennemi commun". En Amérique, après son premier embarquement à bord de "La Victoire" dans le port espagnol de Pasajes le 20 avril 1777, La Fayette s'était pris d'une affection quasi filiale pour le général Washington. La confiance absolue des deux hommes l'un envers l'autre, sera déterminante dans le choix de La Fayette pour cette mission capitale sur les plans militaire, diplomatique et commercial. Il n'a pas cessé, depuis son retour en France le 6 février 1779 avec le grade de Major Général de l'Armée Américaine, d'intervenir auprès du Cabinet du Roy pour que soit apporté toutes les aides possibles aux troupes de l'Union bien démunies face aux bataillons Anglais. Il sent que quelque chose se prépare et entend y participer. Dans un mémoire (3) en date du 2 février 1780 qu'il adresse à Vergennes, il écrit : "... il faut que je sois dans le secret pour préparer et instruire le Général Washington. Un secret que je ne saurais pas paraitrait bien suspect à Philadelphie". Le 5 mars 1780, La Fayette reçoit enfin ses ordres (1) : "Monsieur le Marquis de La Fayette s'empressera de joindre le Général Washington qu'il préviendra sous la condition du secret que le Roy voulant donner aux Etats Unis un nouveau témoigange de son affection et de son intérêt pour leur sureté, s'est résolu à faire partir au commencement du printemps un secours du six vaisseaux de ligne et d'environ cinq mille hommes de troupes réglées d'infanterie... Il conviendra avec lui jusqu'à quel point il devra mettre le Congrès dans le secret de nos mesures... L'opération militaire qui aboutira à l'Indépendance Américaine se prépare. Le mot de reconnaissance est : "Saint Louis et Philadelphie". La Fayette se présente à Rochefort le 9 mars 1780 à 7 heures du soir. L'Hermione l'attend en rivière devant Port des Barques...


Sixième épisode : Premier départ

La Fayette se présente le vendredi 10 mars 1780 à 10 heures pour embarquer à bord de l'Hermione à l'abri au Port des Barques. Il est accompagné d'un officier, de son secrétaire et de huit domestiques, dont l'identité est contrôlée conformément aux ordres du Secrétaire d'Etat à la Marine, Monsieur de Sartine : "L'intention du roy est que sous aucun prétexte que ce puisse être, il soit embarqué d'autres personnes à titre de passagers ou autrement, en sus de l'Equipage... et je vous recommande d'y tenir sévèrement..." La Touche rend compte et écrit : "J'aurai pour Monsieur le Marquis de La Fayette tous les égards et toutes les attentions non seulement que prescrivent vos ordres, mais ceux que mon coeur me dicte pour un homme que ses actions m'ont inspiré le grand désir de connaître". Il poursuit : "Je lui offrirai le choix de ma chambre ou de celle que j'ai disposé à côté et qui précédemment servait de Chambre du Conseil...".

A 11 heures du soir la frégate lève l'ancre, escortée par la Céres et vient mouiller à 5 heures 1/4 du matin à la pointe Nord Ouest de l'Ile d'Aix. La Fayette fait savoir qu'il doit embarquer trois autres officiers dans la rade de La Rochelle ainsi que les ballots d'uniformes destinés aux troupes américaines. Par vent de Sud-Est très faible, le samedi 11 mars 1780 à 6 heures du soir, la frégate quitte l'Ile d'Aix pour gagner "Chef de Baye". Elle attend jusqu'au mardi 14 mars ses passagers et son frêt. Le canot transportant les hommes accoste l'Hermione à deux heures du matin. La marchandise n'est toujours pas arrivée. Ordre est alors donné de remettre à bord le vin et la farine dont on s'était séparé mais que l'on avait fait suivre sur un traversier depuis Rochefort. Les officiers accompagnant La Fayette sont au nombre de quatre : MM. de Gimat et de Fleury, Mr. Capitaine et Mr..., ce nom est resté en blanc sur le document émanant de Monsieur de Sartine, daté du 29 février 1780 à Versailles. Une dernière inspection très soigneuse est alors faite : "...dans les cales et l'entrepont pour s'assurer qu'il ne s'y est introduit personne", et il est procédé à l'appel de l'équipage.

Par vent de Nord, bon frais, dans la nuit du 14 au 15 mars 1780, l'Hermione met le cap sur l'Amérique.


Septième épisode : Retour pour avarie

L'Hermione trace sa route, cap à l'Ouest, vers l'Amérique, par bon vent de Nord. Très vite, celui-ci saute au Sud-Ouest puis au Nord-Ouest où il s'établit bon frais le matin du 15 mars 1780 à 4 heures. A 5 heures, La Touche réduit sa toile en prenant tous les ris* sur ses voiles hautes. Les gabiers de l'Hermione ont fort à faire dans un vent qui force et dans une mer qui se forme rapidement. La matinée n'apporte aucune amélioration et à 11 heures, brutalement, l'accident survient : "A 40 lieues* dans l'Ouest du Pertuis, ma grand vergue a cassé à 11 heures par son milieu, par la très mauvaise qualité du bois qui était rempli de noeuds. Elle a manqué dans un endroit où il y avait trois noeuds qui se touchaient. Cet accident m'a fait forcer de prendre le parti de relâcher à l'Ile d'Aix".

Ayant viré de bord, La Touche aperçoit deux petits bâtiments de commerce, des Américains, poursuivis par trois cutters* anglais. L'Hermione ralentit pour offrir sa protection à nos alliés. Les Anglais courent sur l'Hermione pour la reconnaître. L'un d'eux, plus hardi, écope de deux bordées qui ravagent son gréement. Ne pouvant plus manoeuvrer, il s'éloigne vent arrière. L'Hermione tente alors de le prendre en chasse : "J'ai immédiatement viré de bord, mais privé de ma grand voile, j'ai vu que je ne pouvais me flatter d'en atteindre aucun".

Le jeudi 16 mars à 10 heures, l'Hermione tire des bords à l'entrée du Perthuis d'Antioche. Le lendemain la brume s'est épaissie et le vent a moli. "A 7 heures, j'ai eu connaissance à vent à moi d'un bâtiment qui m'a paru frégate". L'Hermione met en travers et l'Anglais prudent, renonce. A 8 heures, la vigie reconnaît Chassiron et à 2 heures de l'après-midi, l'Hermione mouille en Rade de l'Ile d'Aix. Immédiatement, une chaloupe, sous les ordres du Second, Monsieur Duquesne, est dépéchée sur Rochefort pour ramener la vergue de la Galathée afin de remplacer celle de l'Hermione. La Touche lui a remis un courrier adressé à Monsieur de La Carry Intendant du port de Rochefort. Il y donne très courtoisement et de façon fort civile des nouvelles du Marquis de La Fayette : "... Il a la bonté de se trouver bien à bord de l'Hermione. Il y jouit d'une très bonne santé au mal être de la mer, ce qui je le crains, ne lui permettra pas de donner de ses nouvelles par ce courrier". Nul ne tiendra rigueur à un Officier de Cavalerie de n'avoir pas le pied marin.


Huitième épisode : Nouveau départ. Cap sur l'Amérique

Le dimanche 19 mars 1780, l'Hermione est toujours mouillée en Grand Rade, sous la protection de l'Ile d'Aix. La chaloupe commandée par Monsieur Duquesne revenant de Rochefort, aborde la frégate à 8 heures. La brume vient à peine de se lever. La vergue empruntée à La Galathée, est aussitôt mise en place et garnie de sa toile. Le navire est maintenant paré, mais il n'y a plus un souffle de vent. Ce n'est que le 20 mars à 8 heures du soir que l'on met à la voile par légère brise de Sud-Est. La tour de Chassiron au Sud et la tour des Baleines au Nord sont relevées. Le point de départ est consigné : 46° 7' de latitude Nord et 3° 52' de longitude Ouest, du Méridien de Paris, le 21 mars 1780. Le lendemain, la mer est houleuse, creusée par un vent de Nord. Une voile est aperçue au coucher du soleil. L'Hermione qui navigue rapidement, tribord amure*, tombe brusquement sur un corsaire anglais par le travers : "... qui m'a tiré un coup de canon à boulet... puis trois autres coups également à boulet". L'Hermione réduit sa toile et gratifie le téméraire d'une bordée bien ajustée qui porte à plein dans son gréement. L'anglais désemparé s'éloigne vent arrière, sans réclamer son reste. la Touche note : "... J'ai refait de la voile et j'ai remis le cap au Nord-Ouest, n'ayant pas cru devoir m'amuser à chasser ce bâtiment". La mission prime tout autre engagement.

Le samedi 25 mars, le vent force encore et le soir il tourne en tempête jusqu'au vendredi 31 mars où la mer s'apaise, permettant à la frégate de courir avec toute sa toile. Le 10 avril 1780 on déplore le premier mort de la campagne, l'aide canonnier Etienne Laurent, natif de l'Ile de Ré, décédé de fièvre putride*.

Un nouveau coup de tabac, très gros frais, sévit jusqu'au 14 avril. La vergue de perroquet casse net. Elle est remplacée par la civadière*. La Touche n'est pas sûr de sa position. Il devrait en principe être proche de terre mais sa sonde ne trouve pas le fond même à plus de 230 brasses*. Ce n'est pas la première fois qu'il remarque des différences notables entre son estime et ses relevés, ce qu'il attribue au mauvais fonctionnement d'un compas. Le 25 avril, une voile est signalée. L'Hermione l'intercepte malgré le gros temps. C'est un corsaire américain dont le patron sommé de monter à bord est incapable de donner sa position précise. Il ne connait même pas l'entrée des passes du port de Boston.

Enfin, le jeudi 27 avril 1780, la côte américaine se dévoile. A 2 heures de l'après-midi, l'Hermione se met à l'abri dans le petit port de Marbleheat à 16 milles de Boston. La Touche note : "Le Brigadier Général Glover est venu à mon bord voir Monsieur le Marquis de La Fayette...". La Fayette ira coucher à terre... bien que le vent soit tombé complètement à 9 heures.


Neuvième épisode : Arrivée à Boston

28 Avril 1780

L'Hermione est ancrée dans le petit port de Marbleheath à l'abri de la tempête. La Fayette passe la nuit du 27 au 28 avril 1780 à terre où il est l'hôte du Général Américain Glover. Il expédie sans tarder une lettre au Général Washington. : "Je suis ici, mon cher Général, et au milieu de la joie que j'éprouve à me retrouver un de vos fidèles soldats, je ne prends que le temps de vous dire que je suis venu de France à bord d'une frégate que le Roy m'a donné pour mon voyage... J'ai des affaires de la dernière importance que je dois communiquer à vous seul... Adieu, vous reconnaîtrez aisément la main de votre jeune soldat..."

La Fayette fait allusion au futur débarquement des régiments français. L'Hermione appareille le vendredi 28 avril 1780 à 4 heures et demi du matin. Au relevé, elle casse une pièce de son ancre. Le canot de La Fayette n'étant pas signalé, elle l'attend en amenant ses huniers*. Il n'aborde qu'à 6 heures. La Touche trace alors sa route vers Boston avec l'aide d'un pilote que lui a dépêché le Congrès. A deux heures et demi de l'après-midi, le même jour, la frégate entre en rade de Boston après 38 jours de traversée. Elle salue de 13 coups de canon les couleurs américaines portées par le fort de l'Ile du Château qui lui rend la politesse par autant de décharges d'artillerie. Sur les quais, la foule manifeste bruyamment par des cris d'allégresse et des tirs de mousqueterie. La Fayette débarque à 13 heures suscitant une liesse encore plus vive. L'équipage le salue de trois "Vive le Roy" enthousiastes. L'Hermione l'honore de trois coups de canon. Il quittera définitivement le bord le 2 mai 1780 pour se rendre à Morristown dans le Jersey afin de rejoindre le Général Washington.

La Touche rend compte par lettre, le 30 avril 1780, de l'heureuse issue de sa traversée à son Ministre Monsieur de Sartine. Il note ses avaries : "Elles seront réparées sans qu'il en coûte rien au Roy... mon intention étant d'apporter la plus grande économie dans toute la dépense... A ce titre, les rafraîchissements* destinés à l'équipage ne comporteront pas de viande : ... sur proposition que je lui ai faite de se priver pour épargner au Roy cette dépense, ils y ont consenti avec joie et par un pur patriotisme. Cette privation sera réparée par une abondance de légumes. Ce mode de rafraîchissement m'a paru d'autant plus préférable que la dépense en sera faite par Monsieur Duquesne."* Une note technique : "La doublure en cuivre de la frégate est parfaitement bien conservée..." Le procédé paraît à La Touche le meilleur que l'on ait utilisé jusqu'alors. Sur les futures missions de l'Hermione, La Touche peut enfin prendre connaissance des instructions qui lui ont été remises à Rochefort, sous pli fermé, avant son appareillage : "Je me conformerai au contenu du paquet cacheté que je n'ai ouvert, suivant vos ordres, que dans ce port."


Dixième épisode : Boston honore La Fayette

Le vendredi 28 avril 1780 à 13 heures, La Fayette franchit la coupée*(1) de l'Hermione pour gagner le quai de Boston. Il est salué par La Touche et son équipage de trois coups de canon et de trois "Vive le Roy" auxquels font écho les cris de la foule et les salves du fort de l'Ile du Château. La Touche ce même jour, dans une lettre,*(2) fait part au Secrétaire d'Etat à la Marine, Mr. de Sartine, de l'heureuse issue de sa traversée mouvementée et de l'enthousiasme suscité à Boston par le retour du jeune Major Général : "Mr. le Marquis de La Fayette a joui d'une bonne santé dans le cours de la traversée... on lui a témoigné par la démonstration la plus vive, la joie que sa présence inspirait... il a reçu les honneurs les plus distingués et le peuple par des feux de joie et des cris d'allégresse, n'a pas moins témoigné que les notables de l'Etat par leurs égards, le plaisir qu'ils avaient à le revoir..."*(3)

Le 2 mai 1780, La Fayette retourne à terre pour rejoindre Washington à son quartier général de Morristown dans le Jersay. Les Bostoniens lui font à nouveau une ovation chaleureuse.

Le 4 mai 1780, La Touche reçoit à bord de l'Hermione les personnalités les plus distinguées de la ville et les membres du Conseil de l'Etat du Massachusetts : MMrs Hancook, Adams, Cooper, Beaudwine et le Général Heath. Le soir, au cours du repas, 12 "santés"*(4) sont portées, ponctuées par des décharges d'artillerie dont le nombre est codifié par un protocole rigoureux : le Roy de France, les Treize Etats de l'Union, la Reine de France, le Congrès Américain, le Roy d'Espagne, sont salués successivement de 21 coups de canon. Le Général Washington est honoré de 17 coups. L'Armée Américaine, l'Alliance, le succès de la campagne, la mémoire des tués au combat, la Marine Américaine en recevront 13. Enfin La Fayette est également gratifié de 13 décharges, nombre qui a été laissé à l'appréciation de La Touche.

Le lendemain 5 mai, ce sont les dames de la Ville à qui l'on fait les honneurs de la frégate. La Touche qui goûte fort le beau sexe, est un observateur attentif. Il note avec une concision toute militaire "... que les dames américaines ont de l'éclat mais qui n'est pas durable... à 25 ans, elles sont passées..." A la fin de la réception le commandant de l'Hermione fera part aux Conseillers Américains des instructions de son Roy contenues dans l'enveloppe scellée qu'il a ouverte à son arrivée dans le port de Boston.


Quatorzième épisode : Après le combat du 7 juin 1780

" L'Iris ", la forte frégate britannique de 32 canons s'éloigne tenant bien le vent. Son gréement, sa mâture et sa voilure ne paraissent pas avoir beaucoup souffert de son engagement contre l'Hermione. Quant aux ravages causés sur ses ponts ou dans sa coque par les bordées de la frégate française ils ne peuvent être évalués du gaillard d'où l'on observe sa course. La seule certitude, c'est que l'Anglais n'entend pas reprendre le combat.

A bord de l'Hermione, on relève les blessés. Dix hommes sont raides morts. Trente sept blessés reçoivent les soins du chirurgien major Pierre Fabre et de ses deux aides Louis l'Hospital et Gérôme Vessière. L'apothicaire du bord Jean-Marc Clément s'active également. La Touche souffre d'une blessure au bras qui mettra longtemps à se refermer. Son second, Monsieur Duquesne a été atteint par deux éclats. D'autres ont eu moins de chance : un gentilhomme volontaire, Monsieur de Chadirac a eu la main sectionnée et Monsieur de Villemarais a reçu une balle dans la poitrine. La lésion sera mortelle. Beaucoup ont été touchés sur le gaillard d'arrière, particulièrement visé par l'ennemi puisque c'est le poste de combat de l'Etat Major et de la Maistrance. Plaies pénétrantes par mitrailles, brûlures, bras arrachés, cuisses ouvertes et brisées, l'ouvrage ne manque pas. L'Hermione est très dégrée, nombre de manœuvres sont rompues et ses toiles percées. La grand voile a reçu à elle seule, trente boulets, mais un seul a traversé la coque. La voie d'eau est vite obturée. Une voilure minimum est rétablie pour faire enfin route à une autre amure que celle du vent arrière. Le 8 juin, l'Hermione est en vu de New-Port, dont elle s'approche en tirant des bords. Cette journée là n'est pas à marquer d'une pierre blanche. A 4 heures, un petit canot s'approche faisant force de rame. A bord, le chevalier de Fayolle porteur d'un important message du Marquis de La Fayette. A hauteur de la coupée il se lève. Une fausse manœuvre engage l'embarcation sous la bouteille*. Frappé à la tempe l'officier s'effondre tué net.

First episode:  November 2, 1778, M de Sartine, Navy Minister, according to King Louis XVI's approval, signs at Versailles the authorization to construct at Rochefort a new frigate.  None could imagine then that she would, one day soon, accomplish an exemplary mission of great importance to the independence of the future United States and of Franco-American relations.

The Hermione will have the same plan as La Concorde, La Charmante, La Junon, and La Courageuse (Sister Ships), according to the design of Jean Denis Chevillard:  "since one was very satisfied with the qualities of the first four."

April 19, 1779, the hull is finished in its hold on the shores of the Charente (river).  The boat is certified to be standard  in its dimensions by the captains of the King's vessels, in the presence of the builders and of the Comte de Vaudreuil:  " The work of this frigate appeared to us solid and well- conditioned."  It carries three masts and a bowsprit.  Pierced on each side by 13 cannon openings, she is armed with 26 cannons …

The Arsenal at Rochefort provided the oak, pitch, iron, hemp, and canvas for its construction. 

The Hermione, its weapons finished, is made ready May 21, 1779 under the command of Louis de La Touche, ship's lieutenant- 34 years of age.   Son of a naval officer, he is the nephew of Charles de La Touche Tréville, squadron chief.  He served at age 13 as navy guard under the orders of his uncle.  It is on Le Dragon off Belle Ile where he received his baptism by fire, a year later, in 1759.  His new frigate is fast, up-to-date.  La Touche who has just left the command of a 20 cannon corvette, Le Rossignol, is very skilled at maneuvering the ship.  His keenest desire is to again face the English against whom France has been at war since March 17, 1778.

May 28, 1779, the Hermione is at sea, west of the Ile d'Yeu, at full sail when the lookout signals a three mast vessel showing the strength of its sails et which seems to want to give chase.


Second episode:  first fights - first victories:

At this end of the day of May 28, 1779, doubt is no longer possible.  The three-mast ship, seen by the lookout gave chase to the Hermione.  La Touche reduces her speed, allowing her pursuer little by little to gain on him.   He offers the latter no more than a diminishing silhouette in order to be judged not as strong as she is in reality.

La Touche who maintained the speed of flight until at cannon's distance, turned the Hermione 180 degrees, ran rapidly upon La Dissidence and opened fire. This maneuver was repeated and used successfully with other ships.

End of the year, the ship is fitted with copper shielding on its hull to increase its speed.

After being allowed to cross the Gulf of Gascogny near the end of January in 1780, was called to report back to the mouth of the Charente River no later that Feb 20 to await the specific orders regarding a mission from the  Navy Minister.


Third episode:   A special mission

La Touche heads for Normandy, staffing, training, arming, and stocking the ship with a six-month supply of food.  The crew includes a number of officers,  a surgeon, a priest. About half the 313 working on board are sailors whose responsibilities are to maneuver the ship and man the cannons. With its speed being increased by 1/5 as a result of  the copper shielding, it is considered to be one of the best of the King's ships.  La Touche is not yet informed of exactly what the mission is. 


Fourth episode:  A famous passenger

The secrecy of the mission is emphasized to the Commander of the Navy at Rochefort when he receives word that the details of the mission are for him alone (Pour vous seul).

M de Sartine informed La Touche that La Fayette was to have decent lodging on board his ship and according to strict orders from the King , was to present the list of the four officers and eight servants to La Touche.  No additional passengers were to be permitted on board.  While Lafayette's departure was not completely secret, Sartine stressed that discretion was of the utmost importance given the nature of the mission.  There would also be 4,000 uniforms destined for the US to be loaded on the ship at the port of La Rochelle.  Two letters from the King's office went placed in the hands of  La Touche, one to open once they had set sail and the other upon their final destination, "northern America."


Fifth Episode:  La Fayette-Secret Mission

In June 1780 La Fayette writes a letter to the American Congress  (2) :  …I hope to leave this place soon to play a more active role and to be closer to the common enemy."  (p. 4 of 12)   La Fayette's affection for General Washington approached that of a son for his father.  Both men had absolute confidence in each other and for that reason La Fayette was chosen for the mission which would deal with military, diplomatic, and economic plans.  From the time of his return to France February 2, 1780 La Fayette had not stopped soliciting the King's Office for all possible aid to the needy Union troops as they faced the English battalions.

March 5, 1780 the King issued the orders:  Monsieur le Marquis de La Fayette will hasten to join General Washington  whom he will secretly inform that the King wanting to give the US new evidence of his affection and his interest in their security, has made up his mind to send at the beginning of Spring help consisting of six ships and approx 5,000 infantrymen.  It will be up to him to what degree he will inform Congress of our measures.  The military operation which will end in American Independence is being prepared.  The password is:  "Saint Louis and Philadelphia". ( p. 4 of 12)

  La Fayette reports to Rochefort on March 9, 1780 where the Hermione awaits him in the river at Port des Barques…  


Sixth episode:  First departure

La Touche writes M de Sartine regarding the importance of limiting La Fayette entourage to those named by the marquis himself, and no others for any reason:  "I will have for M. le Marquis de La Fayette all the consideration and attention not only prescribed in your orders, but  those that my heart dictates for a man whose actions have inspired in me a great desire to make his acquaintance….I will offer him the choice of my room or the one next to mine which previously served as Council Room." (p. 4 of 12)

Final preparations March 11 consist of loading the uniforms destined for the American troops and a supply of wine and flour,  taking on board the four officers designated by La Fayette, and a careful search of the deck to assure no other passengers have come on the ship.

Delayed several days because of inadequate winds, The Hermione sets sail for America in the night of the 14 or 15th of March.


Seventh episode:  Return because of damage

The following day stormy seas, wind and poor quality of a piece of wood resulted in the Hermione turning back toward Ile d'Aix for a replacement of the damaged ….A small boat was launched to retrieve a replacement for the damaged part.  La Touche took the opportunity to send word of La Fayette's good health and well-being on board the Hermione.


Eighth episode:  New departure.  Heading towards America

The repair made, the ship is further delayed by lack of wind.  Departure on a light wind comes on March 20 at 8:00 in the evening.  Encounter with an English ship with exchange of cannon fire.

First death on board on April 10- a sailor assigned to the cannon dies from a fever similar to typhoid. 

Another repair required in the uppermost section of  a mast.  La Touche realizes a problem with knowing their precise location due to a malfunction in a compass. An encounter with an American ship doesn't help in determining their course.  The American coast comes into view on Thursday, April 27 and by 2:00 in the afternoon the Hermione finds shelter in the small port of Marbleheath, 16 miles from Boston.  La Touche notes:

Brigadier General Glover came on board to see Monsieur the Marquis de La Fayette." (p. 6 of 12)   La Fayette will sleep on shore that night.


Ninth episode:  Arrival in Boston

April 28, 1780

The Hermione drops anchor in the small port of Marbleheath sheltered from a storm.  La Fayette was guest of General Glover.  La Fayette immediately sends a letter to Washington:  I am here, my dear General, in the midst of the joy that I feel in finding myself one of your faithful soldier, I'll just take the time to tell you that I have come from France on board a frigate that the King gave me for my voyage…I have business of the utmost importance that I must communicate to you alone…Farewell, you will easily recognize the hand of your young soldier…." (p. 6 of 12)

La Fayette refers to the future debarkation of the French regiments.  His small boat is readied and the Hermione heads for Boston in the early morning hours of April 28th and arrives in the port at 2:30 in the afternoon after a 38 day crossing.  The Hermione salutes the American colors visible over the fort on Castle Island with 13 cannon shots followed by  a the same number of artillery fired.   On the docks the crowd demonstrates noisily with cries of joy and musket fire.  La Fayette goes  ashore at 1:00 stirring the level of celebratory noise even more.  The crew salutes him with three enthusiastic cries:  Long live the King!    The Hermione honors him with 3 cannon firings.  He leaves the ship on May 2nd to travel to Morristown in Jersey in order to meet General Washington.

La Touche sends word  by letter on April 30th  of the fortunate ending of his crossing to his Minister (Navy) Monsieur de Sartine.  Il mentions the damage to the ship:  The damage will be repaired without any cost to the King…my intention being to bring the greatest economy  to any expenditures…. With this in mind, the food supply (to be purchased ashore) for the crew will not include meat:…which I suggested to them in order to save the King this expense, they consented very happily and with pure patriotism.  This privation will be compensated for by an abundance of vegetables.   This kind restocking seemed to me to considerably preferable to the expenditure that Monsieur Duquesne (lieutenant, second in command on board) would have made.  A technical note:  the copper sheathing of the frigate is in perfect condition…  The procedure seems to La Touche to be the best that has been used to date.  On the Hermione's future missions, La Touche can finally learn the instructions which were given to him at Rochefort, sealed, before his ship's departure:  (He is still reporting to M. de Sartine in his letter)  I will obey the contents of the sealed package which I haven't opened, following your orders, until in port here. (p. 6 of 12) 


Tenth episode:  Boston honors La Fayette

Friday, April 28, 1780 at 1:00 PM  La Fayette comes through an exit of the Hermione to get to the Boston dock.  He is saluted by La Touche and his crew with three firings of a cannon and three shouts of Long Live the King! to which echo. the shouts of the crowd and salvo fire from the fort at Castle Island.  La Touche the same day, in a letter informs M. de Sartine  of the eventful crossing and the enthusiasm raised in Boston by the return of the young Major General:  Mr. the Marquis de La Fayette enjoyed good health throughout the crossing…one demonstrated to him most enthusiastically the joy his presence inspired…He received the most distinguished honors of the people with bonfires and shouts of joy,  respect no less shown by the officials of the State, their pleasure at seeing him again…(p. 7 of 12)

May 2nd, La Fayette goes back ashore to meet Washington at his headquarters in Morristown in Jersey.  The Bostonians give him another warm ovation.

May 4th, La Touche receives on board the Hermione the most distinguished persons in the city and the member of the Council of the State of Massachusetts:  Mrs Hancock, Adams, Cooper, Beaudwine and General Heath.  In the evening during the meal, 12 toasts are offered, punctuated by artillery fire of which the number followed the strictest protocol:  the King of France, the Thirteen States of the Union, the Queen of France, the American Congress, the King of Spain, are saluted in succession with 21 firings of the cannons.  General Washington is honored with 17 firings.  The American Army, the Alliance, the success of the campaign, the memory of those killed in combat, the American Navy receiving 13.  Finally, La Fayette is equally gratified with 13 firing, the Number which was left to the discretion of La Touche.

The next day, May 5th, it is the women of the City who honor the ship.  La Touche appreciates women and is a keen observer.  He mentions with military precision …that the American women have beauty (l'éclat= brilliance, sparkle??) but is doesn't last… at age 25, they are "beyond their prime".  At the end of the reception the commander of the Hermione will inform the American Advisors of the instructions of his King contained in the sealed envelope which he opened upon his arrival in Boston harbor.

Remaining passages describe the mission of the Hermione which is to provide as much interference as possible to any British ships.  The only reference to La Fayette is in fourteenth episode on page 9 of 12.

   On June 8th at 4:00 at small rowboat approaches at top speed.  On board, chevalier de Fayolle, bearer of an important message from the Marquis de La Fayette.  When he stands up he is shot in the temple and is killed instantly. 

(No mention is made in later paragraphs of what happened to the message.)

(p. 10 of 12)    The Hermione  is still off American shores and observes July 4th with the firing of 3 salvos and 13 cannons between noon and sunset. 

March 1781  the Hermione is in the Chesapeake Bay.

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